Le ventre, notre deuxième cerveau

DANS LES ARTS MARTIAUX INTERNES ET EXTERNES, la force et l'intelligence logées dans le ventre sont connues et utilisées depuis plusieurs millénaires.

Et à y regarder de plus près, nous sommes tous conscients de cette intelligence abdominale. Ne dit-on pas: "avoir la peur au ventre", "avoir des papillons dans le ventre" (sentiment amoureux), et quand on ressent le besoin absolu de poser une action forte... "je dois le faire, je le sens dans mes tripes!" ou "je l'ai fait, je n'ai pas eu le temps d'y penser"... instinct de survie ou de vie, tout simplement.

Bonne nouvelle, la science s'intéresse beaucoup à cette question depuis quelques années. Et ce qu'elle nous apprend est très intéressant. 

 

 

Le ventre notre deuxième cerveau

 © Inserm

MIS À JOUR LE 12/11/2014

PUBLIÉ LE 10/11/2014 Source: INRA

Qui décide de mes humeurs? Qui détermine mon comportement? Ma conscience, ou bien les milliards de bactéries qui vivent en secret dans mon intestin ? Que savons-nous réellement de notre ventre, cet organe bourré de neurones, que les scientifiques commencent à peine à explorer et qui n’en fait qu’à sa tête?

Il y a quelques années, les scientifiques ont découvert en nous l’existence d’un deuxième cerveau : les 200 millions de neurones de notre ventre ! Les chercheurs commencent à peine à décrypter la conversation secrète qui se tient en permanence entre ces deux cerveaux, et leurs découvertes ouvrent pour les prochaines décennies d’immenses espoirs thérapeutiques. Certaines maladies neurologique, comme la maladie de Parkinson, pourraient trouver leur origine dans notre ventre car les neurones de l’intestin pourraient être les premiers touchés par les désordres moléculaires.

De plus notre gros intestin  abrite cent mille milliards de bactéries appartenant à plus d’une centaine d’espèces différentes, que l’on désigne collectivement sous le nom de microbiote intestinal, et qui contiennent un nombre de gènes 10 fois plus élevé que le nombre de nos gènes humains. Des milliers de ces gènes bactériens s’expriment, c’est-à-dire que les protéines qu’ils produisent  semblent avoir un impact sur le fonctionnement de notre intestin, mais aussi la façon dont nous métabolisons les nutriments, voire notre personnalité, nos choix, notre timidité ou au contraire notre témérité. Rappelons enfin que l’intestin naît stérile et l’intestin du nouveau-né est colonisé dans les premières heures de vie par le microbiote venant de la mère : on hérite donc nn seulement les gènes de ses parents, mais le microbiote intestinal de sa mère (dans le cas d’accouchement par les voies naturelles).

Organe essentiel à la survie, notre tube digestif  permet la digestion et l’absorption des aliments tout en nous protégeant des agressions de l’environnement (bactéries, virus, toxiques). Ces fonctions, très sophistiquées, sont  contrôlées par un véritable cerveau qui s’est développé au cœur même de notre ventre. Contenant autant de neurones que le cortex cérébral d’un chat, il est réparti tout le long de notre tube digestif et dialogue étroitement avec celui contenu dans notre boîte crânienne pour modifier nos comportements et nos émotions.

Le ventre est encore mal considéré en Occident et les “maux de ventre” souvent peu pris en compte. Mais aujourd’hui, la science commence à comprendre son importance au-delà du simple aspect de ses fonctions intestinales. Il apparait plus comme un organe intelligent, adaptable, sensible, intervenant dans notre identité, participant à la gestion des émotions, jouant un rôle dans la protection de notre santé. Il ne faut pas oublier qu’il a été au cours de l’évolution le premier organe neurologique, le cerveau originel car avant d’avoir un cerveau les espèces animales avaient un intestin. C’est en effet à partir du moment où les organismes se sont mis à chercher de la nourriture que leur cerveau s’est développé et est devenu peu à peu l’organe complexe que l’on connait maintenant.

Mais pourquoi parle-t-on d’un deuxième cerveau ? Parce que les fonctions digestives se régulent de façon autonome grâce au Système Nerveux Entérique (SNE), en partie indépendamment du Système Nerveux Central (SNC) qui lui-même a  une action de régulation du SNE. Ces deux systemes dialoguent et partagent les informations générées lors du stress, de l’anxiété, de douleurs. Tous les processus qu’on croyait exclusivement modulables par le Système Nerveux Central le sont également par le SNE.

EN SAVOIR PLUS

Le documentaire « Le ventre, notre deuxième cerveau » réalisé par Cécile Denjean, avec la participation des équipes de l'IMAD du CHU de Nantes, a reçu le Grand Prix du festival international du film scientifique Pariscience, récompensant le meilleur film de la compétition.

 

A lire, également, cet article très clair et plus récent, donc plus complet:

https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=9&cad=rja&uact=8&ved=0ahUKEwjemeKe4JvQAhUBnBoKHVAXBJ8QFghGMAg&url=http%3A%2F%2Fwww.suva.ch%2Ffr%2Fprix-suva-des-medias-2015-l_intestin-un-autre-cerveau.pdf&usg=AFQjCNEgT3UGRk_WKonnEawCgZ9Gp_WEDA 

 

                                                               

 
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