REFLEXION

Humain en chemin

Caractère du Dao / Tao 道, humain en chemin (Calligraphie chinoise)Chemin humain

 

L'être humain, sur son chemin de vie, rencontre forcément des obstacles, plus ou moins importants, douloureux... La sagesse japonaise nous rappelle combien la traversée des épreuves a le pouvoir de nous faire grandir, de nous purifier, de nous renforcer. Sous nos latitudes, on évoque depuis des lustres la transformation du plomb en or... L'humain en chemin de transformation, est en fait présent dans toutes les cultures.

 

Bol d or

 

Petit kit de survie en forme de fables

Petit kit de survie en forme de fables... histoire de traverser les épreuves-cadeaux qu'offre la vie.

LA MOITIÉ DE POULET (Jean Macé, Contes du Petit-Château)

Voici une histoire qui se racontait autrefois dans le pays de Montbéliard.
C’est un conte de bonne femme; mais il amusait beaucoup les enfants.
Il y avait une fois une Moitié de Poulet qui, à force de travailler et d’économiser, avait amassé cent écus. Le roi, qui avait toujours besoin d’argent, ne l’eut pas plus tôt appris, qu’il vint les lui emprunter, et la Moitié de Poulet était bien fière dans les commencements d’avoir prêté de l’argent au roi. Mais il vint une mauvaise année, et elle aurait bien voulu ravoir son argent. Elle avait beau écrire lettre sur lettre tant au roi qu’à ses ministres, personne ne lui répondait. À la fin elle prit la résolution d’aller chercher elle-même ses cent écus, et se mit en route pour le palais du roi.
Chemin faisant, elle rencontra un renard.
—Où vas-tu, Moitié de Poulet ?
— Je vais chez le roi. Cent écus me doit.
—Prends-moi avec toi.
— Point de façon ne ferai. Entre dans mon cou, je t’y porterai.
Le renard entra dans son cou, et la voilà partie, toute joyeuse d’avoir fait plaisir au renard. Un peu plus loin elle rencontra un loup.
— Où vas-tu, Moitié de Poulet?
— Je vais chez le roi. Cent écus me doit.
— Prends-moi avec toi.
— Du plaisir en aurai. Entre dans mon cou, je t’y porterai.
Le loup entra dans son cou, et la voilà partie encore une fois. C’était un peu lourd ; mais la pensée que le loup était content de voyager lui donnait du courage.
Comme elle approchait du palais, elle trouva sur sa route une rivière.
—Où vas-tu, Moitié de Poulet ?
—Je vais chez le roi. Cent écus me doit.
— Prends-moi avec toi.
— Bien des charges j’ai. Si tu peux tenir dans mon cou, je t’y porterai.
La rivière se fit toute petite et se glissa dans son cou. La pauvre petite bête avait bien de la peine à marcher; mais elle arriva
pourtant à la porte du palais.
Toc ! toc ! toc !
Le portier passa la tête par son carreau.
— Où vas-tu, Moitié de Poulet ?
— Je vais chez le roi. Cent écus me doit. Le portier eut pitié de la petite bête, qui avait un air tout innocent.
— Va-t’en, ma bellotte. Le roi n’aime pas qu’on le dérange. Mal en prend à qui s’y frotte.
— Ouvrez toujours; je lui parlerai. Il a mon bien ; il me connaît bien.
Quand on vint dire au roi que la Moitié de Poulet demandait à lui parler, il était à table, et faisait bombance avec ses courtisans. Il se prit à rire, car il se doutait bien de quoi il s’agissait.
— Ouvrez à ma chère amie, répondit-il, et qu’on la mette dans le poulailler.
La porte s’ouvrit, et la chère amie du roi entra tout tranquillement, persuadée qu’on allait lui rendre son argent. Mais au lieu de lui faire monter le grand escalier, voilà qu’on la mène vers une petite cour de côté ; on lève un loquet ; on la pousse, et crac ! ma Moitié de Poulet se trouve enfermée dans le poulailler.
Le coq, qui piquait dans une épluchure de salade, la regarda d’en haut sans rien dire. Mais les poules commencèrent à la poursuivre et à lui donner des coups de bec. Il n’y a pas de bête plus cruelle que les poules quand il leur vient des étrangers sans défense.
La Moitié de Poulet, qui était une petite personne paisible et rangée, habituée chez elle à n’avoir jamais de querelles, se trouva bien effrayée au milieu de tant d’ennemies. Elle courut se blottir dans un coin, et cria de toutes ses forces :
— Renard, renard, sors de mon cou, ou je suis un petit poulet perdu.
Le renard sortit de son cou, et croqua toutes les poules.
La servante qui portait à manger aux poules ne trouva plus que les plumes en arrivant. Elle courut pleurant prévenir le roi, qui se fâcha tout rouge.
— Qu’on enferme cette enragée dans la bergerie, dit-il.
Et pour se consoler il fit apporter d’autres bouteilles. Une fois dans la bergerie, la Moitié de Poulet se vit encore plus en péril que dans le poulailler. Les moutons étaient les uns par-dessus les autres, et menaçaient à chaque instant de l’écraser sous leurs pieds. Elle était enfin parvenue à s’abriter derrière un pilier, quand un gros bélier vint se coucher là, et faillit l’étouffer dans sa toison.
— Loup, cria-t-elle, loup, sors de mon cou, ou je suis un petit poulet perdu.
Le loup sortit de son cou, et en un clin d’œil étrangla tous les moutons.
La colère du roi ne connut plus de bornes quand il apprit ce qui venait de se passer. Il renversa les verres et les bouteilles, fit allumer un grand feu, et envoya chercher une broche à la cuisine.
— Ah ! la scélérate ! s’écria-t-il, je vais la faire rôtir pour lui apprendre à tout massacrer chez moi.
On amena devant le feu la Moitié de Poulet, qui tremblait de tous ses membres ; et déjà le roi la tenait d’une main, et la broche de l’autre, quand elle se dépêcha de murmurer :
— Rivière, rivière, sors de mon cou, ou je suis un petit poulet perdu.
La rivière sortit de son cou, éteignit le feu, et noya le roi avec tous ses courtisans.
La Moitié de Poulet, restée maîtresse du palais, chercha en vain ses cent écus : ils avaient été dépensés, et il n’en restait trace. Mais comme il n’y avait plus personne sur le trône, elle monta dessus à la place du roi, et le peuple salua son avènement avec de grands cris de joie. Il était tout enchanté d’avoir une reine qui savait si bien économiser.
L’histoire paraîtra peut-être bien un peu extraordinaire; mais j’en ai cherché la morale avant de lui faire l’honneur de vous la raconter. Il y en a une qui saute aux yeux tout d’abord, à savoir qu’il ne fait pas bon prêter son argent aux dépensiers : ce n’est pas la bonne. La vraie morale, c’est qu’il est bon de se montrer complaisant avec les gens. On a l’air quelquefois absurde, mais on est toujours récompensé.

La fable de l'âne au fond du puits

Un jour, l'âne d'un fermier tomba dans un puits.
L'animal gémissait pitoyablement pendant des heures, et le fermier se demandait quoi faire.

Finalement, il décida que l'animal était vieux, et comme le puits devait
disparaître de toute façon, ce n'était pas rentable pour lui de récupérer l'animal.
Il invita ses voisins à venir l'aider.
Tous saisirent une pelle et commencèrent à enterrer l'âne dans le puits.
L'âne réalisa ce qui allait se produiret et se mit à crier terriblement.
Puis il se tut.
Quelques pelletées plus tard, le fermier regarda dans le fond du puits et fut bien étonné:
à chaque pelletée de terre qui tombait sur lui,
l'âne se secouait pour enlever la terre de son dos et montait par-dessus.
Pendant que les voisins du fermier continuaient à pelleter la terre sur l'animal, celui-ci se secouait au fur et à mesure et montait par-dessus.
Bientôt, chacun fut stupéfié de voir l'âne sauter hors du puits et se mettre à trotter!

 

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Le cueilleur d'arbres

Lorenzo, le bûcheron amoureux des arbres...

Radio Télévision Suisse

Si vous êtes à la vallée de Joux et que vous vous baladez dans la forêt du Risoud, il se pourrait bien que vous tombiez nez à nez avec un véritable troll, un personnage fantastique aux mains de géant et aux yeux d'enfant. Cet homme de 80 ans qui grimpe encore aux arbres comme un écureuil s'appelle Lorenzo Pellegrini. Bûcheron à la retraite depuis 15 ans, il continue à arpenter quotidiennement les bois pour s'occuper de ses compagnons de toujours: les arbres. Des milliers d'arbres avec lesquels il a tissé une relation si intime qu'elle semble magique... Steven Artels a rencontré le cueilleur d'arbres pour nous faire partager son univers empreint de poésie. Lorenzo Pellegrini est spécialisé dans le choix et la coupe d'arbres destinés à la lutherie. Il travaille toujours et transmet son savoir à des successeurs dont le luthier de guitares Jean-Michel Capt qui a inventé la table d'harmonie. Son invention: http://youtu.be/eF_rwi-vAjA Son site: http://jmclutherie.com/ Vous trouverez un autre film sur Lorenzo Pellegrini en italien ici: https://youtube.com/watch?v=3IX5bsA-oEg "Le cueilleur d’arbres" est un reportage diffusé dans le cadre de Passe-moi les jumelles du 23 septembre 2009, une émission de la Radio Télévision Suisse. Image: Pascal Gauss Son: Christophe Jaquier Montage: Bruno Saparelli Reportage: Steven Artels Passe-moi les jumelles: Youtube: https://youtube.com/passemoilesjumelles Site: http://rts.ch/play/tv/emission/passe-... FaceBook: https://facebook.com/passemoilesjumelles

Celle qui bruisse

Celle qui bruisse

"Le vivant
Le vivant n'est pas une propriété, un bien qu'on pourrait acquérir ou protéger.
C'est un milieu, c'est un champ qui nous traverse dans lequel nous sommes immergé, fondu, ou électrisé, si bien que s'il existe une éthique en tant qu'être humain, c'est d'être digne de ce don sublime d'être vivant et d'en incarner, d'en déployer autant que faire se peut les puissances.

Qu'est ce qu'une puissance?
Une puissance de vie.
C'est le volume de liens, de relations qu'un être est capable de tisser et d'entrelacer sans se porter atteinte ou encore c'est la gamme chromatique des affects dont nous sommes capables.
Vivre revient alors à accroître notre capacité à être affecté dans notre spectre ou notre amplitude, à être touché, changé, ému, contracter une sensation, contempler, habiter un instant ou un lieu.
Ce sont des liens élus.
A l'inverse, faire face à des stimulus et y répondre sans cesse, pollue notre disponibilité.
L'économie de l'attention ne nous affecte pas, elle nous infecte.
Elle encrasse les fils subtils sans lesquels il n'est pas de discrimination saine.
Entre les liens qui libèrent et ceux qui aliènent, nos puissances de vivre relèvent d'un art du lien qui est déjà en soi une politique, celle de l'écoute et de l'accueil, de l'hospitalité au neuf qui surgit;
Si bien, qu'il devient crucial d'aller à la rencontre, à la rencontre aussi bien d'un enfant, d'un groupe, d'une femme que de choses plus étranges comme rencontrer une musique qui te troue, un livre intranquille, un chat qui ne s'apprivoise pas, une falaise.
Côtoyer un arbousier en novembre..
Epouser la logique d'une machine.
Rencontrer une lumière, la mer, un jeu vidéo, une heure de la journée, la neige.
Faire terreau pour que les liens vivent; les liens amicaux ou amoureux, collectifs ou communautaires bien sûr mais, au delà et avec plus d'attention encore, les liens avec le dehors, le pas de chez nous, l'outre soi, avec l'étranger d'où qu'il vienne.

Et plus loin encore, hors de l'humain qui nous rassure, les liens avec la forêt, le maquis, la terre, avec le végétal comme avec l'animal, les autres espèces et les autres formes de vie.
Se composer avec, les accepter, nouer avec elles, s'emberlificoter.
C'est un alliage et c'est une alliance.

Peut-être n'est-il qu'une seule révolte au fond contre les parties mortes en nous; cette mort active dans nos perceptions, saturées de pensées qu'on mécanise, de sensations éteintes.
Etre du vif, relever du vif.
Devenir moins celui qui brûle que celle qui bruisse.
Amener au point de fusion nos puissances pour en offrir l'incandescence à ceux qu'on aime.
Alain Damasio 
Ce texte inédit a été spécialement écrit et lu par Alain Damasio pour l'émission d'Augustin Traquenard "Boomerang" le 14 mai 2019 sur France Inter

Georges chapouthier

"L'homme, un pont entre deux mondes: nature et culture."

Georges Chapouthier

"Je ne change pas, je voyage..."

Je ne change pas je voyage

Je ne change pas, je voyage, je me visite moi-même, comme un pays perpétuellement inconnu.
___ Fernando Pessoa ____

 

Ce qui nous compose

Wave

Photo: Michael Bernhardt.
 

La pratique énergétique, comme le Qi Gong ou le Taichi Chuan, nous fait du bien dès la première séance. Pourquoi?

Lorsque nous stimulons de manière appropriée l'Energie Vitale dans notre corps, notre être tout entier en profite immédiatement, dans toutes ses composantes:

composante physique (le corps); composante mentale (l'esprit); composante émotionnelle (le coeur).

Ces 3 composantes sont intimement reliées et interdépendantes; elles s'influencent en permanence et forment un tout.
L'énergie vitale a pour caractéristique de baigner notre être dans toutes ses composantes.

Cette énergie fluctue donc en fonction de l'état de notre corps (s'il danse ou se repose, s'il digère un repas trop lourd ou lutte contre un virus, sil travaille dur, etc.), mais aussi en fonction de nos activités mentales (organiser un déménagement, assister à un superbe concert, résoudre un sudoku, admirer un paysage, méditer, faire un discours, coudre, etc.). Et puis viennent les émotions qui nous boustent, nous stressent ou nous apaisent (tout le monde a senti la colère, la peur ou le trac, la confiance, l'amour, la tendresse...).
Cette fluctuation énergétique compose nos journées et nos nuits.

En pratiquant le Qi Gong et le Taichi Chuan, nous mettons en oeuvre des postures corporelles, un style de respiration, une attitude mentale, une qualité émotionnelle apaisants et fortifiants.
Nous permettons à l'énergie qui nous habite et nous parcourt en permanence d'être  plus nourrissante et mieux gérée.
Cette énergie infuse, et se diffuse en nous comme l'onde du caillou jeté dans l'eau.
Elle devient équilibrante - voire curative - et épanouissante.

Nous la nommons Energie Vitale (Chi ou Ki, en Orient).
Lorsque notre être s'équilibre dans ses différentes composantes, il reçoit le cadeau de se sentir en lien avec la Vie elle-même.
Et la Joie, douce ou pétillante, est au rendez-vous.
C'est un événement naturel, spontané, que nous touchons quotidiennement dans notre pratique.
Alors, nous sourions en pensant: "Que c'est bon de se sentir en Vie!"

Anne Cassar

 

 

Le bébé est une p)ersonne


Le Bébé est une personne, de Bernard Martino.
Un autre regard sur grossesse, accouchement et soins aux Bébés.
Documentaire long donc en trois parties et en trois samedis:

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Taichi…
 

            … ça sonne comme le nom d’une fleur
                 ça résonne comme le nom d’une île lointaine.

Mais c’est ici, chez nous, entre nous.

Entre le poids du corps sur la Terre, et la légèreté du souffle en mouvement.

Voguant sur des flots paisibles, le Chi nous invite à une joyeuse rencontre, à un temps convivial ;

Celui de l’être-soi, tout en faisant battre le cœur de l’être-ensemble.

Chacun à sa place. Chacun à son rythme, à son envie, à son ressenti. Le pas est prêt, et ça n’est jamais fini. Ca frémit, ça « frichtille », ça s’écrit à l’infini.

C’est le voyage du Chi, celui qui, sans nom, fait le tour du monde tout en restant ici.

Alors à dos de Terre, par tous les Airs, le temps se suspend et se surprend…

Et tous, seuls, nous nous retrouvons très nombreux, à battre d’un seul cœur, celui de l’écoute et de l’attention à l’autre ;

cette écoute qui nous redonne nos sens.

De là surgit un cri silencieux, celui d’être pleinement vivant.

Un cri qui résonne bien plus fort que tous les bruits de notre monde en tumulte.

Le Chi navigue, et danse, au travers d’un chant qui nous accorde. En silence, mais à tue-tête.

Et là, au creux de soi, un combat doux et puissant s’anime.

Un combat baigné d’Océan pacifique.

Un combat mené depuis la Nuit des Temps, qui s’avère être une si belle rencontre, de cœur à cœur, de corps à corps.

Un combat pour l’être soi, tous ensemble.


Johanna GALLARD
   ( présidente de l’Association Art du Vivant)
Février 2019

Colibris