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Dossier: "Le Tai Chi Chuan, un art martial ou une technique de santé?"

Dans cet article, un dossier très fouillé et complet sur ce qu'est le Tai Chi Chuan, d'après M. LAM Hai (Bruxelles)

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Une présentation du Taichi Chuan par Jean-Marc Dupuis: bonne lecture!


La Lettre Santé Nature Innovation par Jean-Marc Dupuis 
est un service d'information gratuit sur la santé, la nutrition et le bien-être.

 

Danser avec le Tai Chi Chuan

Chère lectrice, cher lecteur, 

Le Tai Chi Chuan est à l'origine un art martial, c'est-à-dire un entraînement au combat, à la guerre. 

Toutefois, rares sont les Occidentaux qui pratiquent aujourd'hui le Tai Chi dans ce but. Même en Chine, il est très majoritairement pratiqué comme une chorégraphie, orientée vers la coordination des mouvements du corps avec ceux du groupe. On vise la grâce du geste. On le pratique souvent en musique et c'est donc une danse absolument pacifique qui, nous allons le voir, a de multiples vertus pour la santé. 

 

Le Tai Chi : la sobriété heureuse

Le Tai Chi Chuan ne nécessite pas de combinaison en lycra, pas de lunettes de soleil profilées, pas même de chaussures spéciales ! Pas de patch ni de chronomètre électronique, pas de raquette ni même de balle ou de sac. Le Tai Chi est résolument « low-tech ». 

Des siècles de pratique et d'expérience en Chine ont montré son intérêt pour la santé. Depuis cinquante ans, il s'est progressivement enraciné dans la culture occidentale mais ce n'est que récemment que des études scientifiques ont porté sur le Tai Chi. Il est aujourd'hui recommandé pour un grand nombre de maladies chroniques comme :

 
  1. Les problèmes de dos et de genou
  2. L'hypertension artérielle et les autres problèmes liés au stress
  3. Les problèmes de circulation
  4. Les problèmes nerveux
  5. Les douleurs articulaires
  6. L'asthme
  7. Les maladies psychiques
Sans doute avez-vous déjà vu dans les parcs publics des groupes de personnes pratiquant le Tai Chi. Elles sont cinq à dix et font des mouvements lents suivant l'exemple d'un maître au physique en général asiatique. C'est très surprenant la première fois, on se demande s'il s'agit de fous ou d'une secte dangereuse ! 

En réalité pas du tout, il s'agit de l'art martial/activité santé le plus pratiqué au monde. Il se pratique dans un environnement naturel. Il consiste à prendre le temps de réaliser les mouvements pour lesquels notre corps est fait. 

En Chine, les parcs publics et les plages sont chaque matin pleins de gens qui commencent leur journée par ces enchaînements de mouvements doux et lents. Des centaines de millions de personnes pratiquent le Tai Chi. Les Chinois considèrent le Tai Chi comme un exercice officiel et un trésor national. Son efficacité est d'autant plus importante que le pays n'a historiquement jamais été équipé d'un réseau médical et hospitalier sophistiqué. 

Le Tai Chi est aujourd'hui très connu grâce à des documentaires télévisés. Tout un « business » s'est également développé autour. Toutefois, rares sont les personnes qui comprennent réellement la logique et toutes les subtilités de cet art. Même les maîtres expérimentés dans les autres arts martiaux n'en connaissent souvent que l'aspect superficiel. 

 

Tai Chi : oui, mais lequel ?

Tai Chi Chuan est un terme générique. Il existe différents types de Tai Chi. Leur point commun est d'être composés d'une succession de mouvements lents. Au delà, tout dépend du maître à qui vous vous adresserez. Ce qui est sûr, c’est que le Tai Chi n'est pas du karaté ni du Kung Fu au ralenti. Les principes du Tai Chi authentique sont fondamentalement différents de ceux des arts martiaux violents. 

Le Tai Chi est intéressant par de nombreux aspects. Mais j'estime particulièrement sa valeur pour :

 
  1. Entretenir votre Qi ou énergie vitale
  2. Solliciter votre corps et exercer vos muscles profonds
  3. Apprendre à comprendre et utiliser la structure de votre corps (squelette, muscles et tissus conjonctifs)
  4. Apprendre à vous concentrer sur le moment présent
Certaines de ces notions peuvent vous paraître un peu étrangères et difficiles à saisir, mais c'est en elles que se cache la magie du Tai Chi. 

C'est en vivant chacune d'elles que les personnes qui pratiquent le Tai Chi améliorent leur santé et leur bien-être à tous les niveaux.

 

Se libérer du stress, des douleurs, des tensions

Au cours de l'apprentissage, vous ressentez cette impression d'être plus en accord avec vous-même et avec votre environnement. Cette impression de maîtrise, de prise de contrôle, provient aussi du fait que le Tai Chi est un art guerrier, une technique de combat. Même si ce n'est pas le but premier, il n'empêche que vous développez un sentiment d'assurance qui correspond à une réalité : vous devenez mieux capable de vous défendre et de faire face aux dangers qui peuvent surgir autour de vous. 

L'énergie vitale, ou Qi, est la force qui anime les êtres humains comme tous les êtres vivants. Le Tai Chi Chuan rééquilibre le Qi, améliore la santé, la longévité et la qualité de vie. 

Les techniques de Tai Chi sont une façon originale de mettre à l'épreuve le corps et l'esprit, en les renforçant. Les mouvements lents, doux mais continus, augmentent la mobilité du corps et la résistance des muscles. Il font circuler la lymphe et évacuent les mucosités. Les bienfaits sont assez profonds pour contrer les effets délétères de long terme causés par le stress, les douleurs, les tensions dont souffrent de nombreuses personnes. Après quelques mois seulement de pratique, le Tai Chi permet de reprendre des activités physiques et de retrouver une liberté de mouvement que l'on pensait perdue depuis longtemps. 

Les mouvements du Tai Chi consistent à aligner correctement la structure du squelette avec les tissus conjonctifs. À un haut niveau, le Tai Chi devient extrêmement précis et exige d'atteindre, avec les différentes parties du corps, des positions exactes au point d'être frustrantes de subtilité. Les os, les tendons et les ligaments doivent être alignés exactement de telle manière pour procurer un avantage mécanique, que l'on soit immobile ou en mouvement. Atteindre la perfection peut prendre beaucoup de temps, mais une fois que l'on a compris, l'avantage d'une bonne posture, d'une bonne stabilité et de l'économie de mouvement devient évident. 

J'ai dit qu'un des intérêts du Tai Chi est d'apprendre à vivre l'instant présent. Aussi simple que cela paraisse, c'est sans doute la notion la plus difficile à atteindre pour la majorité des Occidentaux. À partir du moment où nous nous levons chaque matin, notre journée se passe sous un déluge de stimuli sensoriels. Nous sommes absorbés par le monde qui nous entoure.

Le monde de l’intérieur

Le Tai Chi nous enseigne qu'il y a un autre monde, tout aussi grand, et tout aussi important… le monde de l'intérieur. 

Dans la philosophie du Tao, il est dit que tout ce qui est à l'extérieur est aussi à l'intérieur. Si nous passons nos vies à foncer sur des autoroutes, qu'allons-nous manquer de ce qui se trouvait au bord du chemin ? L'approche lente du Tai Chi ne se contente pas de nous permettre, elle nous oblige à atteindre un stade supérieur de conscience de soi. Les personnes qui s'initient au Tai Chi apprennent à cultiver deux états concomitants, celui de l'attention et celui de l'intention, et à les combiner en un « Un » indivisible. Cela permet d'éclaircir la conscience et d'avancer dans la vie d'une façon mieux réfléchie et plus enrichissante. En tant que tel, ce sont des ingrédients importants pour évoluer vers une meilleure santé et vers un plus profond sentiment d'intégration comme être humain. 

Aussi séduisant que cela puisse paraître, le vrai défi est de le faire bien, parce qu'une pratique incorrecte ne produira pas l'ensemble des résultats désirés. Pour bien apprendre le Tai Chi, il est nécessaire d'avoir un bon guide et de s'engager à pratiquer fréquemment. Le Tai Chi Chuan est très beau à regarder. Le simple fait d'observer d'autres personnes le pratiquer donne déjà un sentiment de calme et d'émerveillement. Mais ce qui est vraiment important dans le Tai Chi échappe complètement à l'observation du premier venu. C'est l'expérience intérieure du Tai Chi qui est si précieuse, mais qui exige aussi tant de discipline pour l'atteindre. 

Au minimum, il permet de se ressourcer en quittant pour un instant le rythme effréné de la vie moderne. Mais tandis que vous vous laissez entraîner dans les mouvements souples et lents d'une séquence de Tai Chi, c'est tout votre système psycho- et physiologique (corps/esprit) qui se détend (réaction parasympathique), incluant les fonctions cardiovasculaire, nerveuse et endocrine (hormones). Il produit notamment un effet régénérant, rajeunissant, et non cette sorte d'abrutissement de l'esprit que l'on pourrait attendre d'une si profonde relaxation. En calmant les esprits et en relaxant les corps, le Tai Chi offre, au niveau le plus fondamental, une oasis pour l'humanité moderne, qui la protège du stress et des distractions du monde. 

À votre santé ! 

Jean-Marc Dupuis 

Une présentation intéressante de notre pratique, par Nicole Bernard, dans la revue Energies

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Réflexions sur...

                             LE CHI ET LA NATURE  -  par Anne Cassar          les-premieres-2010-376.jpg

 

                     J’avais déjà senti le Chi. Plusieurs fois. Très fort. Au point
d’en être ébranlée. Au point de n’oser en parler qu’à une ou deux amies… sans insister.

***

… Depuis trois mois je m’évertuais, sur le plateau d’une école de théâtre, à essayer de trouver le jeu authentique
du masque neutre.J’avais épuisé toutes mes idées. Un jour, dans une énième tentative, je sentis mes mains se
lever toutes seules, se poser sur un drôle de courant doux et chaud autour de mon bassin. N’ayant plus rien
à perdre, je les laissai m’emmener dans des mouvements lents, inconnus, suivant toujours ce courant agréable
et insolite… Je venais de comprendre une des clés essentielles du jeu théâtral : se laisser porter. Je ne savais pas
encore que j’avais également touché autre chose. Après le cours, une fille me demanda si je pratiquais le Taichi Chuan.

         -  Le quoi ? J’entendais ce nom pour la première fois ; mais il résonnait en moi, et je lui dis que j’en ferais
certainement, un jour.

Au fur et à mesure des années, je sentais avec une plus grande certitude que le jeu théâtral avait un lien essentiel
avec l’authentique énergie de vie. Trouver le jeu juste était devenu pour mes amis et moi une obsession !
Un soir où nous avions bien joué, nous avions senti pendant toute la durée du spectacle une sorte de courant
invisible qui nous reliait en permanence. Tout était juste : intensité, rythme, intentions de jeu, interactions entre nous…
dans un monologue, je me sentis englobée par une colonne verticale très dense et… très invisible !
Je sentais que mes paroles ne venaient pas de moi mais bien du haut de cette colonne, qu’elles transitaient
par moi –par mon ventre et par ma poitrine- et s’élançaient ensuite vers le public. Comme dans le théâtre des origines.
Ce fut une expérience très forte pour nous. Mais malgré nos efforts, nous n’avions pas de prise là-dessus, et
ce qui s’était produit un soir de façon délicieuse ne pouvait se répéter tous les soirs… Notre recherche se poursuivait.

Un jour, alors que j’assistais à une réunion de travail très officielle, je vis et sentis un courant puissant s’établir entre
l’un des participants et moi. La sensation était si forte que j’avais de la peine à rester concentrée. Mais surtout,
je voyais bien que j’étais la seule à voir et à sentir ce truc ! C’est cela qui me semblait le plus incroyable tant c’était visible !

Une autre fois, déterrant une motte de perce-neiges, je sentis pendant au moins quinze minutes, en  transportant
cette motte dans ma main, une puissante pulsation émaner de ces petits oignons accolés les uns aux autres.
En réponse, mon cœur se mit à battre à son tour comme un fou.
Pas de panique pour les amis de Dame Nature, les perce-neiges ont très bien repris dans mon jardin.
Mais depuis ce jour, j’ai tendance à demander la permission aux plantes avant d’agir…

J’étais quelqu’un d’assez terre-à-terre, et à chacune de ces expériences, j’étais ébranlée par l’étrangeté et la force
de ce que je sentais inopinément : la force de vie…

Au bout de quelques années, je rencontrai Vlady. Il était temps. Enfin je n’étais plus toute seule à me dépatouiller
avec des trucs bizarres. Il me dit : « Mais tout ça c’est normal, c’est tout naturel ! N’y accorde pas d’importance ».
Ce fut un précieux conseil, car en fait, cela ne faisait que commencer.

Après qu’il m’ait donné mon premier cours (les mains, le facteur A… ), le Chi se réveilla si bien en moi que je ne fermai
pas l’œil de la nuit : mon lit tanguait comme une coquille de noix sur l’océan ; j’étais traversée en tous sens, bousculée,
secouée… je m’accrochais au matelas de peur de tomber du lit !

Je me rendis tout de même au deuxième cours le lendemain matin. J’avais fait un long voyage pour me lancer enfin
dans l’apprentissage du Taichi Chuan, je n’allais pas abandonner quand-même !

Et là… on se plante sur le sol jambes écartées, on respire, on bouge les bras et… mes mains se posent sur ce fameux
truc, ce machin délicieux qui entoure le corps. Woaw ! Ca y est ! Je l’ai RETROUVE! C’est ça le Taichi ?    

         -   C’est quoi ce truc ? dit Vlady. Les Chinois l’appellent le Chi. Le CHI…

Une nouvelle aventure commence alors, étonnante, emballante… Je cherchais le Taichi Chuan, et voilà qu’en plus,
je rencontre un maître. Un maître qui me remet en contact avec la Vie, à une époque éprouvante où je ne croyais
presque plus en elle.

         -   La Vie, mes enfants, la Vie ! disait-il.

Avec Vlady, je passai de la recherche de justesse dans le jeu, à la recherche de justesse dans la posture, dans l’intention,
dans le souffle… justesse de chaque instant de vie. Avec pour compagnon le rire, plus fort que tout. Ah ! Comme elles
m’ont fait revivre, les vagues de rire de Vlady !

Moi qui n’étais pas venue pour cela, je sus dès le premier jour que je voulais enseigner ce truc si bon et si simple, partager
ce trésor inépuisable… et si possible avec tout le monde !

***

J’ai eu la chance de suivre l’enseignement de Vlady pendant 13 ans..

Mon échelle de valeurs s’est modifiée totalement au cours de mon apprentissage. Enfant, j’avais appris au catéchisme
à distinguer les être animés et inanimés, pourvus d’intelligence ou non, dotés d’une âme ou non. Il y avait une sorte de
noblesse pyramidale sur terre: tout en bas les minéraux, ensuite les plantes, les animaux  puis l’Homme. L’air, l’eau,
les planètes, je ne sais trop s’ils apparaissaient dans le classement de Monsieur le Curé. Mais mine de rien, ces concepts
s’étaient bien installés en moi.

Mais…

Que dire lorsque…

…un grand hibou posé sur un piquet au bord de la route m’envoie par son regard un rayon de Chi extrêmement
régénérant et défatiguant. Et tant d’autres rencontres magnifiques avec les animaux libres (plutôt que « sauvages »),
lorsque je pratique en forêt. Nombre d’entre eux se sont arrêtés –parfois pendant très longtemps- pour observer avec
étonnement et intérêt cet être humain au comportement inhabituel : lapins, écureuils, chevreuils et même un grand cerf.
Et puis, tant d’échanges avec les arbres, dans le Chi : réconfort, prises de conscience, apaisement, joie, et don de force.
Que dire de cet eucalyptus au Portugal qui, à distance, s’était mis à me soigner dans la zone de la rate ? Je sentais
nettement le rayon de Chi qu’il envoyait dans cette zone affaiblie. Que dire de ce  platane contre lequel
je me repose un après-midi de tristesse et de découragement et qui m’entoure de ses racines et me berce comme un petit enfant ?
Sans parler des séquoias de Californie que je ne parvenais plus à quitter, comme si j’étais devenue l’une des leurs.
Et les banians d’Inde, tels des maîtres spirituels, ou les géants africains qui semblaient me tendre leurs branches
quand je me déplaçais au Togo.

Que dire encore lorsque les rochers des gorges d’Oppedette rayonnent de façon si particulière qu’ils semblent détenir
une sorte de danse intérieure propre à chacun ? Lorsque le courant tumultueux d’un ruisseau hypnotise mon être au point
que je me sente devenir eau à mon tour ?
Et lorsque, sentant une présence forte derrière moi, un soir où j’étais seule dans la campagne, je me retourne et
m’aperçois que c’est de la lune que se dégage cette présence, … comme si cela venait d’une personne, comme si
elle souhaitait que je la regarde…   Quel étonnement !

Oui, la pyramide du curé de mon enfance a volé en éclats !.L’échelle des valeurs qu’il m’avait imposée s’est mise à
onduler en tous sens. Aujourd’hui, je me sens l’égale du blaireau et du hêtre. Les notions de supériorité entre les genres
deviennent incongrues tant j’ai à apprendre encore de tous les êtres, animés et inanimés.

Ce que j’ai un peu mieux compris, c’est le pouvoir d’action et de transformation que possède l’être humain. Parfois, l’usage
que nous en faisons est catastrophique, destructeur : vis-à-vis de nous-mêmes et de notre environnement. Et cela fait très mal.
A tous les niveaux. Mais nous avons aussi le pouvoir de mener (toutes) nos actions au service du bien.

Pour ma part, j’ai reçu tant de cadeaux de toutes les formes de vie… Pour tout cela, MERCI! Et par-dessus tout, merci pour
le facteur A comme… Amour inconditionnel… que certains êtres, humains ou pas- nous donnent généreusement. Il est là,
à la base, à la source de toute forme de vie. Peut-être pourrions-nous à notre tour le cultiver dans notre cœur… Au final,
on serait comme une forêt d’arbres paisibles, accueillants et amicaux. Ce serait super, non ?…

Allons-y ; il est plus que temps…  
   

   

                  
 

 

 

 

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